1er FÉVRIER

Patricia ROBINS (1921-2016) Écrivaine – Grande Bretagne

Également connue sous son pseudonyme Claire Lorrimer,  romancière prolifique et populaire, ayant vendu plus de dix millions de livres à travers le monde. Fille de la célèbre auteure de romances, Denise Robins, issue d’une famille d’artistes et littéraire, elle publie son tout premier livre pour enfants à l’âge de douze ans seulement. Durant la Seconde Guerre mondiale, ses compétences linguistiques lui permettent d’intégrer la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF), où elle effectue des missions top-secrètes en traquant les bombardiers nazis grâce au système de radar britannique. Après la guerre, elle renoue avec sa passion et entame une immense carrière en publiant plus de 80 ouvrages, alternant entre romans d’amour contemporains, fictions gothiques et sagas historiques minutieusement documentées. Écrivant d’abord sous son propre nom, elle adopte son pseudonyme à la fin des années 1960 pour signer des œuvres plus longues et profondes, qui mettent souvent en lumière la condition des femmes à travers les époques. Mariée à un ancien pilote de la RAF, cette femme au destin hors du commun a continué d’écrire  jusqu’à son dernier souffle, s’éteignant à l’âge honorable de 95 ans.

 

 

Claudia RUGGERI (1967-1996) Poétesse – Italie

Figure de la littérature italienne de la fin du XXe siècle,  elle commence à écrire très jeune et se distingue par une culture littéraire prodigieuse. Dès le début des années 1990, sa poésie capte l’attention des plus grands esprits de la littérature italienne, notamment le poète et critique Franco Fortini, qui perçoit immédiatement la puissance hors norme de son écriture. Sa poésie se caractérise par un langage baroque, incantatoire et théâtral, mêlant un lyrisme incandescent, des références érudites et une recherche formelle d’une grande complexité. Ses vers explorent avec une sensibilité extrême les thèmes de la souffrance physique et morale, du désir d’absolu, de la mort et du corps comme espace d’expérimentation poétique. Incomprise d’une partie de la scène littéraire de son époque et marquée par une fragilité psychologique profonde, Claudia Ruggeri met fin à ses jours en 1996 à l’âge de 29 ans, en se jetant du haut de son balcon à Lecce. Son œuvre, principalement publiée de manière posthume à travers des recueils comme Inferno Minore ou Canzoniere Piccolo, a progressivement acquis un statut culte en Italie.

 

 

Leymah GBOWEE (1972)  Politique – Liberia

Militante pacifiste, prix Nobel de la paix 2011, artisane de la fin d’une guerre civile qui a ravagé son pays pendant quatorze ans. Elle a dix-sept ans lorsque le conflit éclate en 1989, et se forme au soutien psychologique des victimes traumatisées, notamment les anciens enfants soldats, dont elle mesure les blessures invisibles. Convaincue que « ce sont les femmes qui paient le prix des guerres des hommes », elle rassemble à partir de 2002 des milliers de Libériennes, chrétiennes et musulmanes unies pour la première fois, au sein du mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace. Vêtues de blanc, elles prient, chantent et manifestent pacifiquement chaque jour sur le marché aux poissons de Monrovia, jusqu’à contraindre le président Charles Taylor à participer aux négociations de paix d’Accra en 2003. Lorsque les pourparlers s’enlisent, elle organise un sit-in devant la salle des négociations et menace de se dévêtir publiquement, un geste de honte suprême dans la culture ouest-africaine : les délégués retournent à la table et signent l’accord qui met fin à la guerre. Ce combat non violent ouvre la voie à l’élection d’Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue cheffe d’État en Afrique, avec qui elle partage le prix Nobel de la paix en 2011, aux côtés de la Yéménite Tawakkol Karman. Racontée dans le documentaire « Pray the Devil Back to Hell » et dans ses mémoires « Mighty Be Our Powers », son action se prolonge aujourd’hui par sa fondation, qui finance l’éducation des filles et la formation de jeunes femmes leaders en Afrique de l’Ouest. Mère de six enfants, Leymah Gbowee incarne magistralement la puissance des femmes ordinaires unies pour la paix. En savoir plus : https://www.nobelprize.org/prizes/peace/2011/gbowee/facts/

Photo : Jon Styer/Eastern Mennonite University, CC BY 3.0 — Wikimedia Commons