14 NOVEMBRE
Paulette LIBERMANN (1919-2007) Mathématicienne – France
Son œuvre a profondément influencé la géométrie différentielle mondiale. Malgré l’interruption brutale de ses études par les lois de Vichy, elle a su reconstruire une carrière d’exception après la guerre. Ses recherches sur les variétés symplectiques et les structures presque complexes ont fourni des outils fondamentaux à la physique mathématique contemporaine. Élève d’Élie Cartan, elle a su développer une pensée originale sur les connexions et les groupoïdes de Lie. Inlassable chercheuse, elle a contribué à faire de la France un centre d’excellence en géométrie durant les Trente Glorieuses. Première femme à présider la Société Mathématique de France en 1974, elle a ouvert la voie à de nombreuses mathématiciennes. Son livre co-écrit avec Charles-Michel Marle reste une bible pour l’étude de la mécanique analytique. Dotée d’une grande générosité intellectuelle, elle a maintenu une activité scientifique intense jusqu’à la fin de sa vie. Elle incarne à la fois la rigueur de la pensée abstraite et le courage face aux épreuves de l’histoire. Son héritage vit à travers les concepts géométriques qui portent son nom et les avancées qu’elle a rendues possibles.
Marie LONG -LANDRY (1877-1968) Médecin – France
Reconnue pour avoir été la première femme nommée Chef de clinique en France. Née dans une famille d’intellectuels engagés — son père est un juriste réputé et elle est la sœur du ministre Adolphe Landry —, elle s’oriente très jeune vers les études médicales à Paris. Passionnée par la neurologie, elle réalise son internat à une époque où le milieu médical reste très réservé aux femmes. En 1908, sous la direction du professeur Jules Dejerine, elle soutient sa thèse de doctorat consacrée à la maladie de Little et aux diplégies cérébrales infantiles, un travail scientifique de référence. En 1911, elle franchit une étape historique majeure dans l’accès des femmes aux plus hautes fonctions universitaires et hospitalières en devenant la toute première femme chef de clinique de la Faculté de médecine de Paris, au sein de l’hôpital de la Salpêtrière. Ce titre d’exception lui permet d’encadrer l’enseignement pratique des étudiants et de diriger des travaux de recherche clinique de premier plan. Durant la Première Guerre mondiale, elle s’engage activement dans le soin des blessés militaires et la rééducation des mutilés de guerre. Elle consacre ensuite la majeure partie de sa carrière à la médecine sociale, à la pédiatrie et à la lutte contre la tuberculose infantiles. Très investie dans les œuvres de protection maternelle et infantile, elle cofonde et dirige plusieurs dispensaires et centres d’accueil pour jeunes mères démunies. Membre active du Conseil national des femmes françaises (CNFF), Marie Long-Landry a milité tout au long de sa vie pour l’égal accès des femmes aux carrières scientifiques et médicales.

























