10 MARS

Sharon STONE (1958) Actrice – États-Unis

Actrice, productrice et mannequin devenue l’une des plus grandes icônes du cinéma mondial des années 1990. Après des débuts remarqués chez Woody Allen et dans des films d’action comme Total Recall, elle accède à une immense célébrité internationale en 1992 grâce à son rôle de romancière sulfureuse dans le thriller Basic Instinct. Sa performance hypnotique et sa présence magnétique à l’écran redéfinissent immédiatement les codes de la femme fatale à Hollywood. Loin de se cantonner à ce registre, elle prouve l’étendue de son talent dramatique dans Casino (1995) de Martin Scorsese, un rôle magistral qui lui vaut un Golden Globe et une nomination aux Oscars. Femme de tête et de convictions, elle utilise sa notoriété planétaire pour s’engager activement dans des causes humanitaires, devenant notamment l’une des principales porte-paroles de l’AmfAR pour la recherche contre le SIDA. Survivante d’un grave accident vasculaire cérébral en 2001, elle a raconté sa reconstruction avec courage dans ses mémoires. Sa longévité artistique, son intelligence et son élégance intemporelle en font une figure légendaire et respectée du septième art.

 

 

 

Kate SHEPPARD (1847-1934) – Politique – Grande Bretagne

Elle émigre avec sa mère et ses frères et sœurs vers la Nouvelle-Zélande à l’âge de vingt ans, s’établissant dans la ville de Christchurch. Dotée d’une solide éducation religieuse et d’un esprit d’indépendance très affirmé, elle s’engage rapidement dans des œuvres sociales et rejoint en 1885 la « Woman’s Christian Temperance Union » (WCTU). Elle comprend très vite que pour obtenir des avancées sociales durables, notamment la protection des femmes et des enfants contre les violences intrafamiliales et l’alcoolisme, l’obtention du droit de vote pour les citoyennes constitue le préalable politique absolu. Elle prend alors la tête de la section pour le suffrage féminin, devenant la stratégie en chef du mouvement suffragiste néo-zélandais.
Excellente oratrice et rédactrice, elle écrit d’innombrables articles, édite le journal féministe « The White Ribbon » et parcourt le pays pour organiser des réunions publiques, démontant un à un les arguments misogynes de ses opposants au Parlement. Elle comprend le pouvoir de la pression populaire et orchestre trois pétitions massives adressées aux députés. La dernière pétition, présentée en 1893, réunit plus de 30 000 signatures — soit près d’1/3 de la population féminine adulte du pays. Le document, d’une longueur impressionnante de 270 mètres, est déroulé au centre du Parlement et produit un impact retentissant sur l’opinion publique. Grâce à sa ténacité, le texte de loi accordant le droit de vote aux femmes est définitivement adopté par le Parlement et promulgué le 19 septembre 1893. La Nouvelle-Zélande entre alors dans l’histoire en devenant le tout premier pays au monde à reconnaître aux femmes le droit d’exprimer leur voix dans les urnes, précédant de plusieurs décennies la plupart des grandes démocraties occidentales. Deux mois plus tard, lors des élections générales, 85 % des femmes inscrites se rendent aux urnes. Cofondatrice et première présidente du Conseil national des femmes de Nouvelle-Zélande en 1896, Kate Sheppard voyage ensuite en Europe et aux États-Unis pour soutenir les suffragistes internationales. Son portrait figure aujourd’hui sur le billet de 10 dollars néo-zélandais en hommage à son rôle fondateur.

 

Henriette d’ANGEVILLE  (1794-1871)  Alpiniste – France

Entrée dans l’histoire pour être la deuxième femme à avoir gravi le mont Blanc par ses propres moyens physiques et avec un objectif sportif. Née dans une famille aristocratique touchée par la Révolution française, elle grandit dans le Bugey puis s’installe à Genève, où la vue permanente des Alpes éveille sa passion pour la montagne. En septembre 1838, à l’âge de 44 ans, elle concrétise son rêve en organisant son expédition vers le sommet du mont Blanc. Trente ans après Marie Paradis (qui y avait été portée et traînée par des guides), Henriette d’Angeville conçoit elle-même son ascension avec une rigueur remarquable. Elle dessine un vêtement adapté pesant près de sept kilos (pantalon de laine sous une jupe, pelisse doublée de fourrure, bonnet rembourré), fait confectionner son matériel et engage une équipe de six guides et six porteurs menée par Joseph-Marie Couttet. Le 3 septembre 1838, après trois jours d’effort intenses au cours desquels elle souffre de palpitations et du mal des montagnes, elle atteint le sommet à 4 810 mètres d’altitude, déclarant à ses guides : « Si je meurs avant d’être au sommet, promettez-moi d’y porter mon corps et de l’y enterrer ! ». Au sommet, elle fait déboucher du champagne, écrit des cartes postales et réalise des observations météorologiques et géologiques. Surnommée « la Fiancée du Mont-Blanc », elle acquiert une immense célébrité internationale et continue de pratiquer la haute montagne pendant plus de vingt ans, réalisant 21 autres ascensions majeures, dont l’Oldenhorn à 69 ans. Elle rédige un carnet d’ascension illustré d’une grande valeur historique et scientifique.