13 JUILLET

Simone VEIL (1927-2017)  Magistrate – Politique – France

Femme d’exception dont le destin est indissociable des grands traumatismes et des avancées sociales du XXe siècle. Rescapée des camps d’extermination d’Auschwitz et de Bergen-Belsen où elle perd ses parents et son frère, elle fait de la transmission de cette mémoire le fil conducteur de sa vie. Après la guerre, elle étudie le droit et intègre la magistrature en 1956, où elle s’illustre d’abord au ministère de la Justice en modernisant l’administration pénitentiaire. Sensible au sort des plus vulnérables, elle se bat pour améliorer les conditions de détention des prisonniers politiques algériens et des femmes en milieu carcéral. Sa trajectoire prend un tournant historique en 1974 lorsque le président Valéry Giscard d’Estaing la nomme ministre de la Santé. Face à une Assemblée nationale hostile et majoritairement masculine, elle mène avec un courage politique admirable le combat de sa vie : la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Portée par une détermination inébranlable malgré les insultes et les menaces, la « loi Veil » est promulguée en janvier 1975, marquant une émancipation historique pour les femmes françaises. Ministre engagée, elle modernise également la santé publique en réformant la gestion des hôpitaux et en facilitant l’accès à la contraception. Européenne convaincue par son vécu, elle est élue en 1979 première présidente du Parlement européen au suffrage universel direct. À Strasbourg, elle travaille sans relâche à la réconciliation franco-allemande, à l’élargissement de l’Union et à la défense des droits de l’homme à l’échelle du continent. De retour en France, elle redevient ministre des Affaires sociales et de la Santé de 1993 à 1995, se focalisant sur la lutte contre le sida et le soutien aux personnes âgées. Nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998, elle veille pendant neuf ans au strict respect des libertés fondamentales et des institutions de la République. Parallèlement, elle devient en 2000 la première présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, structure qu’elle dirige avec ferveur pour lutter contre l’antisémitisme. Élue à l’Académie française en 2008, son épée de numéraire est gravée des trois symboles de sa vie : le numéro de matricule d’Auschwitz, la devise de la France et celle de l’Europe. Personnalité préférée des Français pour son intégrité et sa dignité, elle s’éteint à l’âge de 89 ans. Entrée au Panthéon en 2018 aux côtés de son époux Antoine VEIL elle incarne la conscience républicaine qui a façonné le progrès social et la justice.