3 FÉVRIER
Simone WEIL (1909-1943) Philosophe – Politique – France
Humaniste et militante politique à l’engagement absolu, normalienne et professeure de philosophie. Refusant de se cantonner à la théorie, elle décide de vivre la condition ouvrière en travaillant comme Ouvrière Spécialisée chez Renault afin de comprendre la réalité de l’aliénation par le travail. Intellectuelle de gauche mais critique féroce du marxisme doctrinaire, elle s’engage brièvement dans la guerre d’Espagne aux côtés des anarchistes avant de développer une pensée pacifiste constructive. Durant la Seconde Guerre mondiale, d’origine juive, elle doit fuir la France occupée mais rejoint la France libre à Londres, où elle rédige des rapports majeurs sur la reconstruction de la société future, dont son œuvre célèbre « L’Enracinement ». Sa trajectoire est également marquée par une quête spirituelle intense et mystique, en marge de l’Église, centrée sur l’attention aux pauvres et le partage de la souffrance humaine. Elle s’éteint prématurément en Angleterre à seulement 34 ans, emportée par la tuberculose et son refus de se nourrir plus que ses compatriotes restés sous l’Occupation. Elle laisse une œuvre philosophique, politique et théologique posthume fulgurante, saluée par Albert Camus comme l’un des plus grands esprits de son temps.
Gertrude STEIN (1874 – 1946) Femme de lettres – Collectionneuse – États-Unis
Marchande d’Art, figure avant-gardiste majeure de la littérature et de l’art moderne du XXe siècle. Issue d’une riche famille juive d’origine allemande, elle étudie la psychologie et la médecine avant de s’installer définitivement à Paris en 1903. Au cœur de son célèbre appartement du 27 rue de Fleurus, qu’elle partage avec sa compagne de toujours Alice B. Toklas, elle crée le salon littéraire et artistique le plus influent de la capitale. Véritable découvreuse de génies, elle est parmi les premières à acheter et à promouvoir les œuvres de peintres alors inconnus, comme Henri Matisse, Georges Braque et surtout Pablo Picasso, dont elle devient l’amie intime. Après la Première Guerre mondiale, son salon devient le point de ralliement des écrivains expatriés américains, qu’elle baptise elle-même la « Génération perdue », guidant les carrières d’Ernest Hemingway et de F. Scott Fitzgerald. En tant qu’autrice, elle développe un style littéraire révolutionnaire et hermétique, inspiré du cubisme, fondé sur la répétition, la déconstruction de la syntaxe et l’immédiateté du langage. Sa célèbre formule « Rose is a rose is a rose is a rose » résume son ambition de redonner aux mots leur sens originel par-delà les conventions. Sa notoriété internationale explose auprès du grand public en 1933 avec la publication de L’Autobiographie d’Alice B. Toklas, ses mémoires déguisés écrits d’une plume beaucoup plus accessible et pleine d’esprit. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle survit en zone libre dans le sud de la France.

























