18 FÉVRIER
Toni MORRISON (1931-2019) Écrivaine – États-Unis
Son nom de naissance est Chloé Anthony Wofford. Elle est l’une des plus grandes figures de la littérature américaine et internationale. Première femme noire à recevoir le prix Nobel de littérature, elle a consacré son œuvre à explorer l’histoire, la psyché et les traumatismes de la communauté afro-américaine, en mêlant une prose poétique à une force narrative rare. Elle devient éditrice chez Random House à New York. Pendant près de vingt ans, elle accomplit un travail de l’ombre capital : elle met en avant et publie une génération d’écrivains noirs indispensables, tels que Angela Davis, Gayl Jones, ou encore le boxeur Muhammad Ali. C’est également à cette période, en élevant seule ses fils et en se levant à l’aube, qu’elle commence à écrire ses propres romans. Le chef-d’œuvre et la consécration mondiale en 1987 avec la publication de BELOVED son roman le plus célèbre. Inspiré de l’histoire vraie de Margaret Garner, le livre raconte le destin d’une mère, ancienne esclave, poursuivie par le fantôme de la petite fille qu’elle a tuée pour lui éviter de grandir en esclavage. Le roman est un choc littéraire mondial. Il reçoit le prix Pulitzer en 1988 et sera plus tard adapté au cinéma par Oprah Winfrey. En 1993, elle reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. L’Académie suédoise salue alors une romancière « qui, dans ses romans caractérisés par une force visionnaire et une grande portée poétique, donne vie à un aspect essentiel de la réalité américaine ». Devenue professeure de littérature à l’université de Princeton, elle continue d’écrire des essais engagés et des romans salués par la critique, notamment Paradise (1997), A Mercy (2008) ou Home (2012). En 2012, le président Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Elle laisse derrière elle onze romans traduits dans le monde entier, ayant réussi le tour de force de donner une voix universelle à l’expérience afro-américaine.
Rózsa PETER (1905-1977) Mathématicienne – Hongrie
Fondatrice de la théorie des fonctions récursives, c’est une étudiante brillante qui se passionne d’abord pour la chimie avant de se tourner définitivement vers les mathématiques pures. Dans les années 1930, elle développe le concept de fonction récursive, jetant ainsi les bases théoriques de ce qui deviendra l’informatique moderne. Ses travaux approfondissent et complètent les célèbres théorèmes d’incomplétude d’un de ses correspondants réguliers, le logicien Kurt Gödel. En 1937, elle introduit la célèbre fonction d’Ackermann-Péter, un jalon majeur pour illustrer les limites de la calculabilité en mathématiques. Juive dans la Hongrie des années 1940, elle subit de plein fouet les persécutions du régime et se voit temporairement interdire d’enseigner. Malgré l’isolement et la guerre, elle continue ses recherches clandestinement et publie en 1951 son ouvrage fondateur, Recursive Functions. Après la guerre, elle devient la première femme à obtenir le titre de docteure en sciences mathématiques de l’Académie hongroise. Nommée professeure titulaire à l’université de Budapest en 1955, elle y forme avec passion des générations de logiciens de premier plan. Visionnaire, elle anticipe dès les années 1960 l’application de la théorie des fonctions récursives aux architectures des ordinateurs. Pédagogue hors pair, elle écrit également des livres de vulgarisation pour rendre la poésie des mathématiques accessible au grand public. Première femme élue à l’Académie des sciences de Hongrie, elle reçoit les plus hautes distinctions nationales pour ses avancées scientifiques.

























