5 NOVEMBRE
Vandana SHIVA (1952) Physicienne – Écologiste – Inde
Icône mondiale de l’écologie et du féminisme, dont l’influence s’étend largement sur le continent africain. Docteure en physique quantique a délaissé les laboratoires pour devenir la voix des paysans sans voix à travers son association Navdanya, elle lutte pour la souveraineté semencière et contre l’emprise des multinationales sur l’agriculture mondiale. Elle a théorisé l’écoféminisme, liant l’oppression des femmes à la destruction de la nature par le patriarcat industriel. Son combat contre les OGM et la brevetabilité des ressources naturelles en fait une alliée cruciale des mouvements ruraux africains. Inlassable voyageuse, elle parcourt le monde pour enseigner la désobéissance créatrice face aux systèmes destructeurs. Elle a publié plus de vingt ouvrages majeurs traduits dans de nombreuses langues, devenant une référence intellectuelle globale. Pour elle, la préservation de la biodiversité est indissociable de la justice sociale et de la paix. Sa détermination lui a valu le surnom d’« héroïne de l’environnement » par le magazine Time. Vandana Shiva incarne une sagesse ancienne alliée à une rigueur scientifique moderne pour sauver la planète.
Olga SPITZER (1882-1971) Philanthrope – Politique – France
Philanthrope et humaniste de la protection de l’enfance en France au XXe siècle. Issue d’une famille de la bourgeoisie intellectuelle, elle consacre sa vie et sa fortune à la cause des enfants jugés « moralement abandonnés » ou délinquants. En 1923, elle fonde l’Association Service Social de l’Enfance en Danger, introduisant des méthodes révolutionnaires basées sur la psychologie, l’écoute et l’assistance sociale plutôt que sur la simple répression. Son approche novatrice inspire directement la création du premier tribunal pour enfants de la Seine et jette les bases de l’éducation surveillée moderne. Pendant l’entre-deux-guerres, ses structures médico-sociales prennent en charge des milliers de mineurs en danger, leur offrant soins et réinsertion. Lors de la Seconde Guerre mondiale, sous l’Occupation, l’association d’Olga Spitzer s’engage clandestinement dans le sauvetage d’enfants juifs pour les arracher aux déportations nazies. Elle collabore avec des réseaux de résistance comme le circuit d’Odette Rosenstock pour cacher ces enfants sous de fausses identités en province. Malgré les risques immenses liés à ses origines et à son action, elle maintient l’activité de son œuvre jusqu’à sa mort en 1971. Aujourd’hui, l’Association Olga Spitzer perpétue son héritage en protégeant chaque année des dizaines de milliers de mineurs à Paris et en Île-de-France. Son parcours exceptionnel symbolise la transition historique d’une charité privée vers un service social professionnel, public et profondément républicain.
Voir https://www.fondationolgaspitzer.fr/
Jacqueline AURIOL (1917-2000) Aviatrice – France
Belle-fille du président de la République Vincent Auriol (1884-1966), elle découvre le pilotage à l’âge adulte et obtient ses brevets avant d’être victime, en 1949, d’un terrible accident d’hydravion qui lui brise le visage. Faisant preuve d’une résilience hors du commun, elle subit plus d’une vingtaine de chirurgies réparatrices aux États-Unis et en France, et passionnée, elle décide de retourner immédiatement dans les airs dès sa reconstruction achevée. Elle devient alors la première femme pilote d’essai en France, intégrant le prestigieux Centre d’essais en vol de Brétigny pour tester les avions de chasse à réaction les plus modernes de l’armée. En 1953, à bord d’un Mystère II, elle entre définitivement dans l’Histoire en devenant la première Européenne à franchir le mur du son, entamant un duel amical et légendaire avec sa rivale américaine Jacqueline Cochran pour le titre de femme la plus rapide du monde. Décorée à quatre reprises de la prestigieuse coupe Harmon par les présidents américains en reconnaissance de ses exploits aéronautiques, elle bat plusieurs records de vitesse mondiaux à bord de avions de chasse de chez Dassault, notamment le Mirage III. Première femme à piloter le mythique avion de transport supersonique Concorde lors de ses phases d’études technologiques, elle consacre la fin de sa vie à la promotion des sciences aéronautiques avant de s’éteindre en l’an 2000.
Nantenin KEÏTA (1984) Athlète – France
Franco malienne, fille du célèbre musicien malien Salif Keïta, elle naît à Bamako atteinte d’albinisme et d’une déficience visuelle sévère. Arrivée en France durant son enfance pour suivre sa scolarité, elle découvre la course à pied et intègre rapidement les structures de haut niveau en athlétisme (catégorie T13 pour les athlètes malvoyants). Spécialiste des épreuves du sprint (100 m, 200 m et 400 m), elle s’impose comme une référence internationale sur le tour de piste grâce à sa puissance et sa régularité. Au cours d’une carrière sportive exceptionnelle, elle participe à cinq éditions des Jeux paralympiques (Pékin 2008, Londres 2012, Rio 2016, Tokyo 2020 et Paris 2024), remportant un total de 4 médailles paralympiques, dont la médaille d’or du 400 m aux Jeux de Rio en 2016. Elle est également sacrée double championne du monde (sur 200 m et 400 m) et accumule une dizaine de podiums internationaux majeurs. Lors des Jeux paralympiques de Paris 2024, elle connaît un honneur historique en étant désignée porte-drapeau de la délégation française puis en allumant la vasque paralympique au Jardin des Tuileries aux côtés d’Alexis Hanquinquant. En parallèle de son parcours athlétique, Nantenin Keïta est diplômée en gestion des ressources humaines et travaille au sein du groupe d’Assurances. Très engagée sur le plan associatif, elle est membre fondatrice et ambassadrice de la « Fondation Salif Keïta », qui lutte contre les discriminations, la stigmatisation et la persécution des personnes atteintes d’albinisme en Afrique.
Officier de l’ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d’honneur, Nantenin Keïta incarne la résilience, la tolérance et la force du sport comme vecteur de changement social.

























