8 MARS

Joséphine COCHRANE (1839-1913) Inventrice – États-Unis

Célèbre pour avoir conçu et breveté le premier lave-vaisselle mécanique commercialement viable en 1886. Issue d’une famille d’ingénieurs et agacée de voir sa précieuse vaisselle en porcelaine s’ébrécher lors du lavage à la main, elle décida de concevoir elle-même une machine capable de faire le travail plus rapidement et en toute sécurité. Son invention, qui utilisait la pression de l’eau plutôt que des frotteurs, remporte un immense succès de prestige lors de l’Exposition universelle de Chicago en 1893. Face au manque d’intérêt initial des particuliers qui manquaient d’eau chaude courante, elle cible avec succès les grands hôtels, les hôpitaux et les restaurants, fondant sa propre entreprise de fabrication. Entrepreneur tenace, elle gère sa compagnie d’une main de fer jusqu’à sa mort, jetant les bases de ce qui deviendra plus tard la célèbre marque d’électroménager KitchenAid. En révolutionnant les tâches domestiques et industrielles, Josephine Cochrane s’est imposée comme une figure majeure de l’histoire de l’ingénierie et a été intronisée à titre posthume au National Inventors Hall of Fame.

 

 

NOZIMAXONIM (1870-1924) Poétesse – Journaliste – Ouzbékistan

Poétesse et première femme journaliste-publiciste de l’histoire ouzbèke, elle a mis sa plume au service de l’éducation et de l’émancipation des femmes du Turkestan. Née en 1870 à Tachkent, formée au tatar, à l’arabe et au persan, nourrie des grands classiques persans et turcs — Saadi et Hafiz en tête —, elle appartient à cette génération de lettrés réformistes qui, au tournant du siècle, veulent arracher l’Asie centrale à l’ignorance par l’école et par la presse. À partir de 1900, ses poèmes et ses articles paraissent dans les grands journaux réformistes du Turkestan — « Taraqqiy », « Shuhrat », « Sadoyi Turkiston » —, une audace inouïe pour une femme de son temps et de sa région ; elle suit aussi assidûment la presse moderniste de Kazan et d’Orenbourg. Ses textes dénoncent les superstitions, l’obscurantisme et l’injustice, réclament l’instruction pour tous et, surtout, les droits humains et nationaux des femmes ouzbèkes, écrasées par les traditions. Son œuvre, qui a contribué à définir les grandes orientations de la littérature ouzbèke entre 1905 et 1917 puis dans les années 1920, fait d’elle l’aînée de toutes les journalistes et poétesses d’Ouzbékistan. Elle s’éteint en 1924 à Tachkent, laissant aux femmes de son pays l’exemple d’une voix qui avait osé s’élever la première.