27 JUIN
Emma GOLDMAN (1869-1940) Écrivaine – Politique – États-Unis
Militante anarchiste classée « la femme la plus dangereuse d’Amérique » par les autorités de son époque. Émigrée de Russie vers les États-Unis, elle a consacré sa vie à la lutte contre toutes les formes d’oppression, qu’elles soient étatiques, religieuses ou capitalistes. Oratrice incendiaire, elle parcourait le pays pour défendre la liberté d’expression, le droit au travail et l’émancipation totale de l’individu. Elle fut une pionnière du féminisme radical, prônant le droit à la contraception et l’indépendance sexuelle bien avant que ces sujets ne soient acceptables socialement. Ses écrits et son journal, Mother Earth, sont devenus des piliers de la pensée libertaire mondiale, influençant des générations de révoltés. Elle a payé ses convictions de nombreuses années de prison, notamment pour son opposition acharnée à la conscription durant la Première Guerre mondiale. Expulsée des États-Unis vers la Russie en 1919, elle a eu le courage de dénoncer très tôt les dérives autoritaires du régime bolchévique qu’elle était pourtant venue soutenir. Toute sa philosophie reposait sur l’idée que la révolution ne valait rien si elle ne permettait pas l’épanouissement de la joie et de la beauté individuelle. Elle a activement soutenu les révolutionnaires espagnols durant la guerre civile, restant fidèle à ses idéaux anarchistes jusqu’à son dernier souffle. Aujourd’hui, elle est une figure iconique de la rébellion, rappelant que la liberté est un combat de chaque instant qui ne supporte aucune frontière.connue pour ses discours libertaires et féministes.
Helen KELLER (1880-1968) Écrivaine – Politique – États-Unis
A l’âge de 19 mois, elle est frappée par une grave maladie — scarlatine ou la méningite — qui la laisse totalement sourde et aveugle. La jeune enfant grandit dans un isolement profond et manifeste des accès de colère incontrôlables dus à son incapacité à communiquer avec son entourage. Sa vie bascule radicalement en 1887 grâce à l’arrivée d’Anne Sullivan, une jeune éducatrice elle-même malvoyante envoyée par l’Institut Perkins. Par une patience infinie, Anne Sullivan réussit l’exploit de faire comprendre à Helen le concept du langage en épelant des mots lettre par lettre dans la paume de sa main, un déclic historique survenu près d’une pompe à eau lorsque l’enfant associe la sensation du liquide sur sa peau au mot « water ». Faisant preuve d’une intelligence exceptionnelle et d’une volonté hors du commun, Helen Keller apprend rapidement à lire le braille, à écrire à la machine, à déchiffrer la parole en posant ses doigts sur les lèvres de ses interlocuteurs, et parvient même à parler. En 1904, elle entre dans l’histoire mondiale en devenant la toute première personne deafblind (mal entandante et aveugle) à obtenir un diplôme universitaire de premier cycle (Bachelor of Arts) au prestigieux Radcliffe College. Loin de se cantonner au statut d’exemple de réhabilitation individuelle, elle utilise sa notoriété naissante pour devenir une écrivaine prolifique et une conférencière internationale redoutable, parcourant le globe pour transformer le regard de la société sur le handicap et réclamer des structures éducatives adaptées.
Également militante politique radicale, refusant d’être cantonnée à un rôle d’icône de la charité passive. Proche du Parti socialiste d’Amérique et cofondatrice de l’American Civil Liberties Union (ACLU), elle s’engage activement en faveur du droit de vote des femmes, du pacifisme durant la Première Guerre mondiale et du combat contre les discriminations raciales. Elle établit un lien direct entre le handicap et les injustices économiques, démontrant que la cécité touche davantage les classes populaires en raison des mauvaises conditions de travail en usine.
Berthe CABRA (1864-1947) Exploratrice – Belgique
Née Berthe Gheude, elle est célèbre pour avoir été la première femme européenne à traverser le continent africain d’est en ouest, de 1905 à 1906. Née à Bruxelles, elle épouse en 1901 le commandant Alphonse Cabra, un officier de l’armée belge engagé dans des missions cartographiques et administratives pour l’État indépendant du Congo. Bien que le ministère des Colonies s’oppose initialement à la présence d’une femme lors d’expéditions périlleuses en Afrique centrale, Berthe obtient une autorisation exceptionnelle du roi Léopold II pour accompagner son mari. En mai 1905, le couple s’embarque pour une expédition monumentale de 18 mois et de plus de 5 000 kilomètres. Partis de Mombasa sur la côte de l’océan Indien (actuel Kenya), ils traversent l’Afrique de l’Est à pied, à dos de mule et en pirogue, passant par le lac Victoria et s’enfonçant dans les forêts tropicales du Congo jusqu’à l’embouchure du fleuve Congo sur l’océan Atlantique à Boma, qu’ils atteignent en octobre 1906. Durant ce périple extrême, Berthe Cabra affronte les épidémies, le climat tropical éprouvant et la faune sauvage. Loin de n’être qu’une simple accompagnatrice, elle participe activement à la collecte de données scientifiques, constitue une vaste collection d’objets ethnographiques et zoologiques qu’elle lègue à son retour au musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, et documente le voyage par la photographie et la rédaction de carnets de route. À son retour en Belgique, son exploit fait sensation dans toute l’Europe. Conférencière recherchée, elle milite pour la formation des femmes et leur rôle dans les missions sanitaires et éducatives à l’étranger. Décorée de l’ordre de la Couronne pour ses contributions scientifiques et géographiques, Berthe Cabra s’éteint en 1947, laissant le souvenir d’une pionnière de l’exploration africaine.
Photo : Hennebert, 1906, Domaine public — Wikimedia Commons

























