29 JUIN

Lucie AUBRAC (1912-2007) Résistante – Enseignante – France

Enseignante en histoire, elle a cofondé le mouvement Libération-Sud à Lyon avec son mari Raymond, refusant dès 1940 la défaite et l’occupation nazie. Elle est devenue célèbre pour ses opérations de sauvetage spectaculaires, n’hésitant pas à braver les autorités de Vichy et la Gestapo pour libérer ses compagnons. Son coup d’éclat le plus légendaire reste l’attaque armée d’un camion de prisonniers en 1943, qui a permis l’évasion de son mari et de treize autres résistants. Pour approcher les responsables nazis comme Klaus Barbie, elle a fait preuve d’un talent de comédienne hors pair, se faisant passer pour une femme enceinte éplorée. Au-delà de l’action directe, elle a joué un rôle crucial dans la diffusion de la presse clandestine, utilisant son statut de fonctionnaire pour couvrir ses activités illégales. Forcée de rejoindre Londres en 1944 pour échapper aux recherches intensives, elle a continué à œuvrer pour la France libre jusqu’à la Libération. Après la guerre, elle a refusé de se reposer sur sa gloire, s’engageant activement dans la vie politique et dans la défense des droits de l’homme. Elle a consacré une grande partie de sa fin de vie à témoigner dans les écoles, transmettant aux jeunes générations les valeurs de courage, de liberté et de vigilance.

 

Jane DIEULAFOY (1851-1916) Archéologue – France

Née Jeanne Henriette Magre  dans une famille aisée, elle est  aussi une exploratrice, photographe et auteure célèbre pour ses chantiers de fouilles pionniers en Perse (actuel Iran) et son mode de vie anticonformiste. Elle épouse en 1870 l’ingénieur et archéologue Marcel Dieulafoy. Dès la guerre franco-prussienne de 1870, elle fait preuve d’un tempérament d’acier en s’habillant en homme pour accompagner son mari sur le front. Cette habitude vestimentaire devient permanente lors de leurs grandes expéditions en Orient entre 1881 et 1886 : porter le costume masculin, la veste et les cheveux courts lui permet de voyager plus librement, d’assurer sa sécurité et de commander les équipes de fouilles sur le terrain. Elle obtient d’ailleurs une autorisation officielle de travestissement délivrée par la préfecture de police. Le couple accomplit des missions archéologiques majeures en Perse, explorant la route de la Mésopotamie jusqu’à Suse. Jane Dieulafoy s’occupe de la logistique, de la comptabilité, de la prise de notes géographiques et surtout de la documentation photographique. Leurs travaux à Suse permettent d’exhumer des trésors inestimables de l’Antiquité, notamment la célèbre frise des Archers et la frise des Lions en briques émaillées, aujourd’hui conservées au musée du Louvre dans les salles Dieulafoy. À leur retour en France, elle publie ses carnets de route, notamment « La Perse, la Chaldée et la Susiane » (1887), illustré par ses propres photographies et dessins, qui rencontre un immense succès littéraire. Également romancière et dramaturge, elle milite pour le droit des femmes au travail et à l’éducation. Décorée de la Légion d’honneur en 1886 pour ses contributions scientifiques, Jane Dieulafoy reste une figure emblématique de l’archéologie française et de l’émancipation féminine du XIXe siècle.