15 JUILLET
Louise de BRETTIGNIES (1880-1918) Résistante – France
Surnommée la « Jeanne d’Arc du Nord », elle est une héroïne dont l’action fut déterminante pendant la Première Guerre mondiale. Issue d’une famille noble, elle mit son intelligence et sa maîtrise des langues au service de la résistance en fondant le réseau de renseignement « Ramble ». À la tête d’une organisation de plus de cent personnes, elle parvint à transmettre aux services secrets britanniques des informations stratégiques cruciales sur les mouvements des troupes allemandes. Elle organisait des passages clandestins à travers les lignes ennemies et sauvait des soldats alliés au péril constant de sa propre vie. Son réseau était si efficace qu’il permit d’anticiper des attaques majeures et de neutraliser des positions d’artillerie lourde. Capturée par les Allemands en 1915, elle fut condamnée aux travaux forcés et fit preuve d’une résistance morale exemplaire durant sa captivité. Elle refusa systématiquement de collaborer avec ses geôliers, même lorsque sa santé déclina gravement dans les prisons impériales. Malgré les conditions de détention inhumaines, elle continua d’inspirer ses codétenues par sa dignité et son patriotisme inébranlable. Elle mourut prématurément de maladie en 1918, peu avant la fin du conflit qu’elle avait contribué à abréger par son dévouement. Décorée à titre posthume par la France et le Royaume-Uni, elle demeure une des plus grandes héroïnes.
Jocelyn BELL BURNELL (1943) Astrophysicienne – Grande Bretagne
Célèbre pour avoir réalisé l’une des plus grandes découvertes astronomiques du XXe siècle : les pulsars. Étudiante brillante et passionnée, elle obtient son diplôme en physique à l’université de Glasgow avant d’entamer son doctorat à l’université de Cambridge sous la direction d’Antony Hewish. Entre 1965 et 1967, elle participe activement à la construction d’un immense radiotélescope destiné à étudier les quasars. C’est en analysant manuellement des kilomètres d’enregistrements graphiques sur papier qu’elle repère une anomalie : un signal radio ultra-régulier qui bat toutes les 1,33 seconde. Écartant l’hypothèse farfelue de signaux extraterrestres (surnommés au départ « LGM-1 » pour Little Green Men), elle démontre rigoureusement le caractère naturel de la source. Elle vient de découvrir les pulsars, des étoiles à neutrons en rotation rapide sur elles-mêmes, confirmant de manière spectaculaire un modèle théorique de la physique des hautes énergies. En 1968, l’équipe publie cette découverte historique, mais en 1974, le prix Nobel de physique est attribué à Antony Hewish et Martin Ryle, excluant injustement Jocelyn Bell. Cette injustice flagrante suscite l’indignation de nombreux astronomes, mais la jeune chercheuse réagit avec une élégance et une humilité intellectuelle admirées de tous. Loin de se décourager, elle mène une brillante carrière de chercheuse et d’enseignante, devenant une spécialiste mondiale de l’astronomie en rayons X et gamma. Première femme présidente de l’Institut de physique (IOP) et de la Royal Society of Edinburgh, elle s’implique fortement pour l’accès des minorités aux carrières scientifiques. En 2018, la communauté internationale répare tardivement cet oubli en lui décernant le prestigieux Breakthrough Prize en physique fondamentale, doté de 3 millions de dollars. Scientifique au grand cœur, elle fait don de l’intégralité de cette somme pour financer des bourses de recherche destinées aux femmes et aux étudiants sous-représentés.
Krystyna CHOJNOWSKA-LISKIEWICZ (1936- 2021) Ingénieure – Pologne
Ingénieure navale et navigatrice entrée dans l’histoire comme la toute première femme à réussir un tour du monde à la voile en solitaire. Diplômée de l’école polytechnique de Gdańsk, elle mène une brillante carrière de conceptrice de navires dans les chantiers navals de la mer Baltique tout en cultivant sa passion pour la navigation hauturière. Au milieu des années 1970, la Pologne décide de soutenir un projet audacieux pour célébrer l’année internationale des femmes de l’ONU : envoyer une navigatrice affronter les océans en solitaire. À bord de son voilier de 9,5 mètres, le Mazurek, spécialement conçu pour cette expédition, elle lève l’ancre de Las Palmas, aux îles Canaries, le 28 mars 1976. Débute alors une épopée maritime héroïque de près de deux ans, traversant l’océan Atlantique, franchissant le canal de Panama et bravant les immensités du Pacifique et de l’océan Indien. Navigatrice hors pair, elle surmonte de graves avaries techniques, des tempêtes dantesques ainsi que des problèmes de santé majeurs au milieu de nulle part, faisant preuve d’une résilience hors du commun. Le 20 mars 1978, elle boucle son tour du monde après un périple de 31 166 milles marins, devançant de quelques semaines sa rivale britannique Naomi James. Cet exploit historique lui vaut une renommée internationale, l’inscription au livre Guinness des records et de hautes décorations de l’État polonais. Membre d’honneur de prestigieux clubs de voile, elle consacre le reste de sa vie à promouvoir le nautisme.

























