8 OCTOBRE

Harriet TAYLOR MILL (1807-1858)  Philosophe – Politique – Grande Bretagne

Féministe dont l’influence intellectuelle sur la pensée libérale du XIXe siècle a longtemps été occultée par la renommée de son second mari, John Stuart Mill. Issue d’un milieu unitaire, elle développe très tôt une critique radicale des conventions sociales qui enchaînent les femmes, tant sur le plan juridique que domestique. Sa relation avec Mill, débutée alors qu’elle était encore mariée à John Taylor, fut un partenariat intellectuel d’une rare intensité, fondé sur une égalité totale et une révision mutuelle de leurs écrits. Elle est l’autrice principale de l’essai L’Affranchissement des femmes (1851), souvent attribué à son mari, où elle revendique non seulement le droit de vote, mais aussi l’accès des femmes à toutes les professions et à l’éducation supérieure. Mill lui-même a reconnu que ses œuvres majeures, notamment De la liberté et L’Assujettissement des femmes, étaient le fruit de leur collaboration étroite et de l’originalité de la pensée de Harriet. Elle plaidait pour une réforme profonde du mariage, qu’elle considérait comme une forme d’esclavage légal, et défendait l’idée que l’égalité des sexes était la condition sine qua non du progrès de l’humanité. Sa mort prématurée à Avignon a laissé John Stuart Mill dévasté, ce dernier consacrant le reste de sa vie à porter leurs idéaux communs sur la scène publique. Longtemps reléguée au rôle de simple « muse », les recherches contemporaines ont réhabilité son statut de philosophe de plein droit. Son héritage réside dans une vision du libéralisme qui intègre pleinement l’autonomie individuelle des femmes. Elle demeure une figure de proue de la première vague féministe, ayant posé les jalons théoriques de l’égalité civile moderne.