25 NOVEMBRE

Madeleine BRÈS (1842-1921) Médecin – France

Bravant les préjugés sexistes du XIXe siècle, elle fut la première française à soutenir une thèse de médecine en 1875, intitulée De l’allaitement maternel. Issue d’un milieu modeste, mariée et mère de famille assez jeune, déterminée pour intégrer une faculté exclusivement masculine, elle reçoit un avis favorable du Doyen, le Docteur Wurz, aux conditions d’obtenir préalablement le baccalauréat. Médecin de talent, elle s’est dévouée à l’amélioration de l’hygiène infantile et au soutien des mères isolées. Fondatrice d’une crèche pilote, elle a milité pour une médecine préventive et sociale accessible à tous. Elle a également dirigé une revue spécialisée pour éduquer les familles aux soins de santé primaires. Bien qu’elle ait été privée du titre d’interne par les règlements de l’époque, sa carrière exemplaire a forcé le respect du monde scientifique. Elle a ouvert une brèche irréversible dans le monopole masculin de la pratique médicale. Son nom figure aujourd’hui sur de nombreux hôpitaux, écoles et rues à travers la France. Elle demeure un modèle de persévérance et d’engagement pour le droit des femmes à l’éducation supérieure. Sa vie illustre le combat pour la légitimité intellectuelle et professionnelle au-delà des barrières de genre. Elle meurt oubliée et dans la précarité en 1921.

 

 

Adrienne Bolland (1895-1975) Aviatrice – France

Pilote de l’entre-deux-guerres, célèbre pour son tempérament indomptable et son audace sans limites. Après avoir obtenu son brevet de pilote en quelques semaines seulement en 1920, elle est rapidement engagée par l’avionneur Caudron pour effectuer des livraisons d’appareils en Amérique du Sud. C’est là, en avril 1921, qu’elle réalise l’exploit qui la propulse dans l’Histoire : elle devient la toute première femme à traverser la cordillère des Andes en avion. À bord d’un Caudron G.3, un biplan en bois et toile au moteur particulièrement fragile, elle brave les vents violents, les courants ascendants imprévisibles et le froid glacial à plus de 4 000 mètres d’altitude, sans radio ni instrument de navigation moderne. Son atterrissage réussi à Santiago du Chili est célébré comme un triomphe national et international, brisant radicalement les préjugés machistes de l’époque qui jugeaient les femmes incapables d’une telle prouesse technique et physique. Forte de ce succès retentissant, elle enchaîne les records, notamment lors de la traversée de la Manche, et s’impose comme une figure respectée de l’aéronautique française en tant que pilote d’essai et de démonstration. Femme libre, indépendante et profondément engagée, elle a prouvé par ses exploits que le ciel n’avait pas de genre et que seule la détermination guidait le manche. Véritable pionnière qui a survolé les sommets du monde avec une bravoure inoubliable.