26 DÉCEMBRE
Marie SOMERVILLE (1780-1872) Mathématicienne – Astronome – Grande Bretagne
À une époque où l’accès à la science était largement interdit aux femmes, elle s’est formée seule. Elle s’est fait connaître en traduisant et en vulgarisant l’astronomie mathématique complexe de Pierre-Simon de Laplace. Son ouvrage majeur, The Connection of the Physical Sciences (1834), est devenu un immense succès de librairie. C’est d’ailleurs pour décrire son travail unique que le mot « scientific » (scientifique) a été inventé en 1834. Elle fut l’une des deux premières femmes élues à la Royal Astronomical Society aux côtés de Caroline Herschel. Ses compétences allaient de la physique expérimentale à l’étude fine du magnétisme et des rayons ultraviolets. Ses calculs sur les perturbations d’Uranus ont directement inspiré la recherche et la découverte de la planète Neptune. Ardente défenseuse des droits des femmes, elle a activement soutenu le suffrage féminin et l’accès à l’éducation. Aujourd’hui, son héritage perdure à travers le Somerville College de l’Université d’Oxford, nommé en son honneur.
Colette KREDER (1934-2022) Ingénieure – France
Dirigeante d’entreprise et militante féministe française, figure de proue de la parité et de l’accès des femmes aux postes de décision. Diplômée de l’École supérieure d’électricité (Supelec) en 1957, elle mène une brillante carrière d’ingénieure puis de directrice générale au sein d’une entreprise d’électronique et d’armement. En 1978, elle prend la direction de l’École polytechnique féminine (EPF), une institution historique qu’elle modernise en l’ouvrant à la mixité tout en veillant à la promotion des femmes ingénieures. Constatant la sous-représentation chronique des femmes dans les sphères du pouvoir, elle cofondateur le réseau « Demain la Parité » au début des années 1990. Scientifique pragmatique, elle introduit en France une méthode rigoureuse d’analyse de données : elle scrute les organigrammes des cabinets politiques et des grandes entreprises pour dénoncer publiquement le plafond de verre. Son travail d’influence et de lobbying méthodique auprès des décideurs politiques s’avère décisif dans l’adoption de la révision constitutionnelle de 1999 et des lois sur la parité en politique. Elle crée également le réseau « Femmes de Science » et s’implique activement au niveau européen pour harmoniser les droits des femmes et encourager le mentorat. Commandeur de la Légion d’honneur, elle consacre sa retraite à archiver l’histoire des luttes paritaires et à conseiller les jeunes générations de femmes managers.
Marie ARCONATI-VISCONTI (1840-1923) Collectionneuse – Philanthrope – Politique
Fille d’Alphonse Peyrat, un journaliste et homme politique républicain anticlérical, elle grandit dans un milieu intellectuel et modeste. Femme d’esprit indomptable, en 1873, sa vie bascule lorsqu’elle épouse le marquis italien Giammartino Arconati-Visconti, héritier d’une immense fortune patricienne. Devenu veuve quelques années seulement après son mariage, elle se retrouve seule à la tête d’un patrimoine financier et immobilier monumental, qu’elle décide de consacrer entièrement au soutien de l’Université française, des musées nationaux et des causes républicaines. Pendant plusieurs décennies, la marquise tient dans son hôtel particulier parisien de la rue Barbet-de-Jouy l’un des salons politiques et intellectuels les plus courus de la capitale, surnommé le « salon dreyfusard ». Elle y rassemble l’élite de la République réformatrice et universitaire, recevant régulièrement des figures majeures comme Raymond Poincaré, Jean Jaurès, Georges Clemenceau ou l’historien Gabriel Monod. Passionnée par le Moyen Âge et la Renaissance, elle rassemble une d’art inestimable d’objets précieux, de sculptures, de peintures et de tapisseries. Fidèle à sa volonté de transmettre le savoir et la beauté au plus grand nombre, elle fait don de centaines de chefs-d’œuvre au musée du Louvre, au musée de Cluny, ainsi qu’au musée des Arts décoratifs. Son mécénat révolutionne également l’enseignement supérieur à Paris : elle finance généreusement la Sorbonne, crée des fondations pour la recherche médicale et historique, et offre les fonds nécessaires à la construction de l’Institut d’art et d’archéologie. Elle fait également don à l’État français du sublime château de Gaasbeek près de Bruxelles.
En complément : https://www.inha.fr/actualites/la-marquise-arconati-visconti/

























