24 OCTOBRE
Alexandra DAVID NEEL (1868-1969) Exploratrice – Écrivaine – France
Célèbre pour avoir été la première femme occidentale à entrer dans la cité interdite de Lhassa, au Tibet, en 1924. Femme au destin exceptionnel, elle commence sa carrière comme chanteuse d’opéra avant de se tourner vers sa véritable passion : l’étude des philosophies orientales et le voyage. En 1911, elle part pour un voyage en Asie qui devait durer dix-huit mois mais qui se prolongera finalement pendant quatorze ans. Polyglotte et érudite, elle s’immerge totalement dans la culture tibétaine, vivant dans des grottes avec des ermites et étudiant le bouddhisme jusqu’à devenir une « lamina » reconnue. Son exploit le plus célèbre reste sa traversée de l’Himalaya à pied, déguisée en mendiante et accompagnée de son fils adoptif, le lama Yongden, pour tromper la vigilance des autorités britanniques et tibétaines.
Au-delà de ses aventures physiques, elle a laissé une œuvre littéraire colossale, dont son best-seller Voyage d’une Parisienne à Lhassa, qui a ouvert les yeux de l’Occident sur un Tibet alors mystérieux et inaccessible. Témoin des transformations majeures de l’Asie, notamment de la guerre civile chinoise, elle a continué de voyager jusqu’à un âge très avancé, faisant renouveler son passeport à 100 ans. Elle a passé ses dernières années à Digne-les-Bains, dans sa maison nommée « Samten Dzong » (la forteresse de la méditation), où elle a continué d’écrire et d’étudier jusqu’à sa mort à 101 ans. Son héritage est celui d’une pionnière de l’indépendance féminine et d’une passeuse culturelle majeure entre l’Orient et l’Occident. Sa pensée, empreinte de rationalisme et de spiritualité bouddhiste, continue d’inspirer des générations de voyageurs et de chercheurs. Elle reste une figure emblématique de l’audace intellectuelle, ayant bravé toutes les conventions sociales de son époque pour vivre sa quête du savoir.
Charlotte PERRIAND Architecte – Designeuse – France (1903-1999)
Diplômée de l’École de l’Union centrale des arts décoratifs en 1925, elle se fait remarquer par son audace en créant des structures en tube d’acier chromé qui rompent avec l’ébénisterie traditionnelle. En 1927, elle intègre le prestigieux atelier de Le Corbusier et de son cousin Pierre Jeanneret, où elle assume pendant dix ans la responsabilité du mobilier et de l’équipement de l’habitation. Ensemble, ils conçoivent des pièces de mobilier devenues des icônes du design mondial, à l’image de la célèbre chaise longue basculante LC4 ou du fauteuil Grand Confort. Convaincue que le design doit être accessible à tous, elle s’engage politiquement à gauche au sein de l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires et prône un fonctionnalisme social. En 1940, sa trajectoire prend un tournant international lorsqu’elle s’installe au Japon comme conseillère en art industriel, une expérience qui transforme profondément son esthétique par l’épuration des formes et l’usage de matériaux naturels comme le bambou et le bois. À son retour en France, elle collabore avec de grands créateurs comme Jean Prouvé et Fernand Léger, mêlant habilement art, architecture et design d’espace. Humaniste et visionnaire, elle place toujours l’utilisateur et la nature au centre de sa réflexion, concevant des intérieurs modulables et optimisés pour libérer l’espace et le mouvement. Son œuvre architecturale culmine entre 1967 et 1989 avec la conception globale de la station de haute montagne Les Arcs en Savoie, un chef-d’œuvre d’intégration paysagère et d’urbanisme démocratique. Femme libre et indépendante dans un milieu d’hommes, elle voyage à travers le monde et nourrit sa créativité de ses observations de la vie quotidienne. Charlotte Perriand reste une pionnière de l’art de vivre qui a révolutionné notre rapport à l’habitat et l’espace domestique.

























