30 AVRIL
Cecily GORDON LEFORT (1900-1945) Résistante – Grande Bretagne
Agent secret britannique du Special Operations Executive (SOE) qui a sacrifié sa vie pour la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale. Ayant grandi en France et mariée à un médecin français, elle maîtrise parfaitement la langue, ce qui la pousse à s’engager dans la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF) puis à rejoindre les services secrets britanniques en 1942. Sous le nom de code « Alice », elle est parachutée en France occupée au cours de l’été 1943 pour servir de courrier au sein du réseau de résistance Jockey, qui opère avec efficacité dans le Sud-Est du pays. Menant des missions d’une dangerosité extrême, elle transporte des messages vitaux et coordonne les liaisons clandestines jusqu’à son arrestation par la Gestapo en septembre 1943 lors d’une souricière à Montélimar. Malgré des interrogatoires impitoyables et des tortures répétées à la prison de Fresnes, elle garde un silence héroïque et refuse de livrer la moindre information sur ses camarades de réseau. Transférée et déportée au camp de concentration de Ravensbrück, elle y endure de longs mois de travaux forcés et de privations avant d’être exécutée dans une chambre à gaz au début de l’année 1945. Reconnue à titre posthume par la France qui lui décerna la Croix de guerre, son nom est gravé sur le mémorial de Valençay, honorant le courage indomptable de cette femme de l’ombre oubliée de l’histoire.
Octavie COUDREAU (1867-1938) Géographe – France
Née Marie-Octavie Renard à Anais, elle est une exploratrice et auteure, célèbre pour avoir été l’une des pionnières de l’exploration scientifique du bassin de l’Amazone à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Elle épouse en 1893 le géographe et explorateur Henri Coudreau. Ensemble, ils sont chargés par le gouvernement français et les gouvernements des États brésiliens (notamment le Pará) de cartographier les affluents méconnus du fleuve Amazone, une région encore très largement inexplorée par les Européens. Durant leurs premières expéditions communes, elle s’initie au relevé topographique, à la cartographie, aux observations astronomiques et à la photographie de terrain. En 1899, lors d’une périlleuse mission d’exploration le long de la rivière Trombetas, Henri Coudreau, terrassé par les fièvres paludéennes, meurt dans ses bras au cœur de la forêt tropicale. Après avoir enterré son mari au bord du fleuve, Octavie Coudreau prend une décision extraordinaire : elle refuse d’abandonner la mission. Elle prend seule la tête de l’expédition, achève les relevés cartographiques et ramène les données scientifiques à Belém. Reconnue pour son sang-froid et sa rigueur scientifique, elle est réengagée par les autorités brésiliennes et poursuit ses explorations en solitaire pendant sept ans (1899-1906). Elle mène d’importantes missions de cartographie le long de plusieurs affluents majeurs de l’Amazone (Curuá, Mapuera, Maycuru). Seule femme européenne à la tête de convois composés de guides et de piroguiers amérindiens, elle affronte les épidémies, la faune dangereuse, les rapides et l’hostilité de certaines tribus reculées. À son retour en France, elle publie sous son propre nom les comptes-rendus de ses expéditions, notamment « Voyage au Trombetas » (1900) et « Voyage au Cuminá » (1901), enrichis de cartes d’une précision remarquable et illustrés de ses photographies. Octavie Coudreau s’éteint en 1938, laissant l’image d’une géographe intrépide qui a défié les préjugés de son temps et apporté une contribution majeure à la cartographie de l’Amazonie.

























