12 MAI

Dorothy CROWFOOT HODGKIN (1910-1994)  Chimiste – Grande Bretagne

Biochimiste et cristallographe du XXe siècle dont les travaux ont révolutionné la médecine moderne. Pionnière de la cristallographie aux rayons X, elle a réussi l’exploit de déterminer les structures moléculaires complexes de substances biologiques essentielles que l’on croyait impossibles à cartographier. En 1945, elle a résolu la structure de la pénicilline, permettant sa production industrielle et sauvant des millions de vies. Elle a réitéré cet exploit en 1954 avec la vitamine B12, une découverte d’une complexité sans précédent qui lui a valu le prix Nobel de chimie en 1964. Mais son projet le plus ambitieux fut celui de l’insuline, sur lequel elle a travaillé pendant plus de 35 ans avant d’en percer les secrets en 1969, transformant ainsi le traitement du diabète. Atteinte d’une polyarthrite rhumatoïde sévère dès l’âge de 24 ans, elle a mené ses recherches avec des mains déformées par la douleur, faisant preuve d’une ténacité et d’une précision technique légendaires. Elle fut la deuxième femme à recevoir l’Ordre du Mérite britannique, après Florence Nightingale, et a utilisé sa renommée mondiale pour militer activement pour la paix et le désarmement nucléaire. Humaniste convaincue, elle a présidé la Conférence Pugwash et a œuvré pour le rapprochement des scientifiques par-delà les frontières de la Guerre froide. Sa capacité à « voir » les molécules en trois dimensions a jeté les bases de la pharmacologie moderne et de la biologie structurale.

 

Maryam Mirzakhani  (1977-2017)  Mathématicienne – Iran

Un des esprits les plus brillants et visionnaires de la géométrie contemporaine. Adolescente, elle révèle un génie précoce en devenant la première fille de l’équipe iranienne à remporter deux médailles d’or consécutives aux Olympiades internationales de mathématiques. Après des études à l’université Sharif de Téhéran, elle s’envole pour les États-Unis et obtient son doctorat à l’université Harvard en 2004. Ses recherches révolutionnaires portent sur la géométrie des surfaces de Riemann et leurs espaces de modules, des concepts mêlant topologie, dynamique et géométrie hyperbolique. Dotée d’une créativité hors norme, elle aborde les mathématiques en dessinant de gigantesques croquis sur d’immenses feuilles de papier étalées au sol, une méthode qu’elle comparait à l’écriture d’un roman. Ses formules complexes permettent notamment de calculer le volume des espaces hyperboliques et de résoudre de vieilles énigmes de la physique théorique sur la théorie des cordes. En 2014, elle entre définitivement dans l’Histoire en devenant la toute première femme à recevoir la médaille Fields, la plus haute distinction mondiale en mathématiques. Professeure titulaire à l’université Stanford, cette chercheuse d’une immense humilité devient instantanément une icône internationale et un modèle pour des millions de jeunes filles. Mariée à un scientifique tchèque et mère d’une fille, elle mène de front ses recherches de pointe avec une discrétion et une élégance intellectuelle admirées de tous. Sa trajectoire fulgurante est brisée tragiquement en juillet 2017, lorsqu’elle succombe à un cancer du sein à l’âge de 40 ans seulement. En hommage à son héritage, la date de sa naissance, le 12 mai, a été choisie pour célébrer la Journée internationale des femmes en mathématiques.

 

Florence NIGHTINGALE  (1820- 1910)  Infirmière – Grande Bretagne

Pionnière des soins infirmiers modernes et de la statistique dans les hôpitaux. Issue de la haute bourgeoisie, elle brave les conventions de son époque et l’opposition de sa famille pour embrasser une carrière d’infirmière, qu’elle perçoit comme une véritable vocation divine. Sa notoriété internationale explose durant la guerre de Crimée en 1854, lorsqu’elle est envoyée avec une équipe de trente-huit infirmières pour diriger l’hôpital militaire de Scutari. Constatant l’insalubrité dramatique des lieux, elle impose des règles d’hygiène strictes (lavage des mains, aération, gestion des eaux usées) qui font chuter le taux de mortalité des blessés de manière spectaculaire. Surnommée « la dame à la lampe » par les soldats qu’elle réconforte lors de ses rondes nocturnes, elle devient une héroïne nationale à son retour en Angleterre. Statisticienne hors pair, elle invente de nouvelles méthodes de visualisation graphique, notamment le diagramme en rose, pour démontrer aux politiques l’impact vital de l’hygiène dans les hôpitaux. En 1860, elle fonde la première école d’infirmières laïque et professionnelle au monde à l’hôpital Saint-Thomas de Londres, posant les bases académiques de la profession. Ses écrits théoriques, en particulier Notes on Nursing, deviennent la bible mondiale de la formation des soins de santé et inspirent directement la création de la Croix-Rouge. Première femme à recevoir l’ordre du Mérite britannique en 1907, elle consacre le reste de sa vie, malgré sa santé déclinante, à conseiller les gouvernements sur la santé publique. Elle a transformé un métier précaire en une discipline médicale rigoureuse, et sa date de naissance est aujourd’hui célébrée à travers la Journée internationale des infirmières.