22 OCTOBRE
Emily SCHINDLER (1907-2001) Résistante – Allemagne
Humaniste qui a joué un rôle déterminant avec son mari Oskar SCHINDLER pour sauver environ 1 200 Juifs des camps de la mort nazis. Alors que l’histoire a longtemps mis en avant les actions de son époux, son engagement personnel a été absolument crucial pour la survie des prisonniers de leur usine. Elle gérait quotidiennement les aspects logistiques et sanitaires complexes en vendant ses propres bijoux et en négociant sur le marché noir afin d’acheter de la nourriture et des médicaments indispensables. Emily a installé un sanatorium de fortune au sein de l’usine pour soigner les déportés atteints de malnutrition et de typhus, leur évitant ainsi un renvoi certain vers les camps d’extermination. En janvier 1945, elle est intervenue personnellement pour libérer et prendre en charge 250 Juifs enfermés et gelés dans des wagons de marchandises en provenance du camp de Goleszów. Après la guerre, le couple a fui vers l’Argentine en 1949 pour échapper aux forces soviétiques avant de se séparer définitivement quelques années plus tard en 1957. Emilie Schindler a vécu une grande partie du reste de sa vie de manière très modeste en Amérique du Sud, oubliée par les projecteurs des médias. Sa bravoure exceptionnelle a finalement été reconnue à l’échelle internationale en 1994 lorsqu’elle a reçu le titre de Juste parmi les nations par le mémorial de Yad Vashem. Elle est revenue s’installer en Allemagne à la toute fin de sa vie, où elle s’est éteinte en 2001 à l’âge de 93 ans.
https://www.fondationshoah.org/memoire/la-liste-de-schindler-la-veritable-histoire-vincent-nequache
Sarah BERNHARDT (1844-1923) Actrice – France
Née Henriette-Rosine Bernard, elle est considérée comme la toute première star internationale de l’histoire du théâtre. Au cours d’une carrière exceptionnelle s’étendant sur six décennies (de 1862 à 1922), elle a incarné plus de 120 rôles différents et joué dans plus d’une centaine de pièces de théâtre (son répertoire comptant plus de 125 productions). Tragédienne de génie à la voix qualifiée de « d’or » par Victor Hugo, elle s’impose à la Comédie-Française puis dans ses propres théâtres en interprétant avec une intensité dramatique inédite des rôles féminins et masculins mythiques : Phèdre, La Dame aux camélias, La Tosca, mais aussi Hamlet, Lorenzaccio ou L’Aiglon. Sa personnalité extravagante et son sens aigu de la mise en scène d’elle-même façonnent une légende qui dépasse largement les frontières de la France. Pionnière du vedettariat moderne, elle parcourt le monde lors de tournées triomphales en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Australie et au Moyen-Orient, jouant parfois plus de 250 représentations en quelques mois. Artiste accomplie, elle s’essaie à la sculpture, à la peinture et au cinéma naissant, tout en propulsant la carrière d’Alphonse Mucha grâce à ses affiches. Amputée de la jambe droite en 1915 à la suite d’une blessure mal soignée, elle refuse d’abandonner les planches : elle continue de jouer assise et se rend sur le front durant la Première Guerre mondiale pour soutenir le moral des poilus. À sa mort en 1923, des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue à Paris pour un dernier hommage, scellant le destin de « La Divine », l’actrice aux cent rôles qui a réinventé le statut d’artiste.
Harriet CHALMERS ADAMS (1875-1937) Exploratrice – Photographe – États-Unis
Elle est l’une des plus célèbres exploratrices, géographes, photographes et correspondantes de guerre américaines du début du XXe siècle, souvent surnommée « la plus grande voyageuse d’Amérique ». Éduquée par des précepteurs, elle développe très jeune une passion pour l’aventure en arpentant les montagnes de la Sierra Nevada à cheval avec son père. En 1899, elle épouse Franklin Pierce Adams, un ingénieur qui partage son goût du voyage. Ensemble, ils se lancent à partir de 1904 dans une première grande expédition de trois ans à travers toute l’Amérique du Sud, parcourant plus de 60 000 kilomètres à cheval, en pirogue et à pied, traversant les Andes et s’enfonçant dans la forêt amazonienne. Photographe de talent, Harriet Chalmers Adams ramène de ses expéditions des milliers de clichés, de plaques de verre et de films. Ses travaux capturent avec précision la géographie, l’archéologie et les modes de vie des populations autochtones. À son retour, elle devient l’une des contributrices les plus prolifiques et populaires du magazine National Geographic, pour lequel elle signe 21 articles étalés sur trente ans. Conférencière captivante, elle parcourt le monde pour présenter ses clichés en projection couleur, grâce au procédé des plaques autochromes. Pendant la Première Guerre mondiale, elle s’illustre en devenant la première femme correspondante de guerre autorisée à se rendre sur le front français, pour le Harper’s Magazine, photographiant les tranchées et la vie des soldats sous le feu. Face au refus du prestigieux Explorers Club de New York d’admettre des femmes dans ses rangs, elle cofonde en 1925 la Society of Woman Geographers (Société des femmes géographes), dont elle devient la première présidente, offrant un réseau et une reconnaissance officielle aux femmes scientifiques et exploratrices du monde entier — parmi lesquelles Amelia Earhart ou Eleanor Roosevelt. Après avoir exploré l’Asie, l’Afrique, les Caraïbes et le Moyen-Orient, Harriet Chalmers Adams s’éteint en 1937 à Nice, en France, laissant l’héritage d’une géographe pionnière qui a repoussé les limites de l’exploration féminine.

























