28 MARS
Margaret TUCKER (1904-1996) Écrivaine – Australie
Née Margaret Clements, elle est une militante aborigène australienne et la figure de proue de la lutte pour les droits des peuples autochtones. Membre de la « génération volée », elle est arrachée de force à sa famille à l’âge de 13 ans par les autorités pour être formée comme employée de maison, une expérience traumatisante qui forgera son engagement futur. Dès les années 1930, elle cofondes l’Australian Aborigines’ League, l’une des premières organisations politiques gérées par des Autochtones, pour réclamer la citoyenneté et des droits fonciers. Elle joue un rôle clé dans l’organisation du Day of Mourning (Jour de deuil) en 1938, une protestation historique marquant le 150e anniversaire de la colonisation britannique. Première femme autochtone nommée au Conseil consultatif des Aborigènes du Victoria, elle consacre sa vie à la protection de l’enfance et à l’éducation. En 1977, elle publie son autobiographie poignante, If Everyone Cared, devenant l’une des premières autrices aborigènes à documenter l’impact des politiques d’assimilation. Décorée de l’Ordre de l’Empire britannique pour ses services rendus à la communauté, elle reste un symbole national de résilience, de dignité et de réconciliation en Australie.
Yolande LE CALVEZ (1912 -1993) Micropaléontologue -France
De renommée internationale, spécialiste mondiale des foraminifères, jeune elle se passionne pour les sciences de la Terre s’orientant rapidement vers l’étude des micro fossiles marins. Durant sa carrière, elle intègre le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ainsi que l’École pratique des hautes études (EPHE), où elle dirige un laboratoire de pointe. Ses recherches novatrices portent sur la taxonomie et la distribution des foraminifères fossiles, notamment ceux du bassin tertiaire de Paris. À travers des publications magistrales, elle décrit des dizaines de nouvelles espèces et redéfinit la stratigraphie de l’Éocène avec une précision inédite. Ses travaux s’avèrent cruciaux pour l’industrie pétrolière et la recherche géologique, permettant de dater avec exactitude les couches sédimentaires. Scientifique de terrain et de laboratoire, elle collabore avec les plus grands spécialistes mondiaux et participe à d’importantes expéditions océanographiques. Reconnue pour sa rigueur académique, elle préside plusieurs commissions de nomenclature et forme avec générosité des générations de micropaléontologues. Tout au long de sa vie, elle s’impose par sa force de travail dans un domaine scientifique alors largement dominé par les hommes. Elle contribue activement au rayonnement de l’école française de paléontologie, léguant des collections de référence conservées dans les plus grands musées. Elle laisse une œuvre colossale qui continue de guider les géologues dans la compréhension de l’histoire de nos océans.

























