27 MARS
Rose DIENG-KUNTZ (1956-2008) Informaticienne – Sénégal
Scientifique d’exception, pionnière de l’intelligence artificielle et de la gestion des connaissances. Première femme africaine à intégrer l’École polytechnique en France, elle obtient ensuite un doctorat en informatique avant de rejoindre l’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique. Au sein de cet organisme, elle dirige une équipe de recherche avant-gardiste spécialisée dans le web sémantique, un domaine crucial pour l’organisation et le partage intelligent des données sur internet. Ses travaux théoriques et pratiques ont grandement contribué à modéliser la mémoire d’entreprise et à optimiser la transmission des savoirs au sein des réseaux informatiques complexes. Scientifique humaniste et engagée, elle s’implique activement pour promouvoir la place des femmes dans les filières d’excellence et encourager les jeunes filles à embrasser des carrières scientifiques. En reconnaissance de ses recherches novatrices et de son parcours exemplaire, elle reçoit en 2005 le prestigieux prix Irène Joliot-Curie de la « femme scientifique de l’année ». Nommée chevalière de la Légion d’honneur, elle rest e un modèle absolu d’excellence, de rigueur et de générosité intellectuelle. Sa disparition prématurée en 2008 a laissé un grand vide dans la communauté technologique mondiale, mais son héritage continue d’inspirer les nouvelles générations de chercheurs dans le domaine du numérique.
Jane COLDEN (1724-1766) Botaniste – États-Unis
Reconnue par la communauté scientifique internationale comme la toute première femme botaniste du Nouveau Monde. Fille du médecin et savant Cadwallader Colden, elle grandit dans la propriété familiale d’Orange County, où son père l’initie aux sciences naturelles et à la langue latine. Passionnée par la flore locale, elle adopte le tout nouveau système de classification sexuelle des plantes développé en Europe par le célèbre naturaliste Carl von Linné. Entre 1753 et 1758, elle réalise un travail monumental en répertoriant, décrivant et cataloguant plus de 300 espèces de plantes de la vallée de l’Hudson. Maniant l’art du dessin avec précision, elle illustre elle-même son herbier en utilisant de l’encre d’impression pour transférer la silhouette exacte des feuilles sur le papier. Au-delà de la simple classification, elle documente avec soin les propriétés médicinales et pharmacologiques des plantes, en s’appuyant sur les savoirs traditionnels des Amérindiens. Son père envoie ses descriptions à des savants européens comme John Ellis et Peter Collinson, qui admirent sa rigueur et partagent ses travaux avec Linné lui-même. Bien que Linné refuse de donner son nom à une plante, le botaniste John Ellis propose le genre Coldenia en hommage à ses contributions scientifiques exceptionnelles. En 1759, elle épouse le médecin William Farquhar et cesse malheureusement ses activités de recherche, une trajectoire fréquemment imposée aux femmes de son époque. Son précieux manuscrit original, qui constitue le premier catalogue exhaustif de la flore américaine, est aujourd’hui conservé comme un trésor historique au British Museum.

























