30 AOÛT

Mary SHELLEY (1797-1851)  Femme de Lettres – Grande Bretagne

Romancière visionnaire et considérée comme la créatrice de la science-fiction moderne. Née dans un milieu érudit, elle a baigné dès l’enfance dans une culture d’indépendance d’esprit, sa mère n’est autre que Mary Wolstonecraft (https://lesfemmescelebres.com/femme/claudine-guerin-de-tencin/). Son chef-d’œuvre, « Frankenstein », est né d’un défi littéraire lancé lors d’un séjour en Suisse. À travers ce récit, elle a posé les bases de la réflexion éthique sur les manipulations scientifiques qui l’intéressaient. Elle fut l’une des premières à explorer le genre post-apocalyptique avec son roman Le Dernier Homme. Sa vie personnelle fut marquée par des tragédies successives qui ont nourri la mélancolie de son œuvre. Elle a brillamment navigué au sein du mouvement romantique tout en affirmant sa propre voix littéraire. En tant que biographe et éditrice, elle a aussi assuré la postérité des poèmes de Percy Shelley. Son génie réside dans sa capacité à mêler l’horreur gothique à des questionnements philosophiques profonds. Mary Shelley reste aujourd’hui une icône de la littérature mondiale dont les mythes continuent de nous hanter.

A écouter : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-avoir-raison-avec-mary-shelley

 

Anna POLITKOVSKAÏA (1958-2006) Journaliste – Russie

Journaliste d’investigation, voix des sans-voix de la guerre de Tchétchénie, elle est devenue par son assassinat le symbole mondial du prix de la vérité. Née à New York de parents diplomates soviétiques d’origine ukrainienne, formée au journalisme à l’université de Moscou, elle rejoint en 1999 la rédaction de la Novaïa Gazeta, l’un des derniers journaux indépendants de Russie. Pendant sept ans, elle se rend inlassablement en Tchétchénie en guerre, là où presque plus personne n’ose aller : elle documente les exactions, les tortures et les disparitions, recueille la parole des civils broyés et publie ce que le pouvoir veut taire. En 2002, les preneurs d’otages du théâtre de Moscou la réclament comme négociatrice ; en 2004, elle est empoisonnée dans l’avion qui l’emmène vers la prise d’otages de Beslan. Ses livres, de « Tchétchénie, le déshonneur russe » à « La Russie selon Poutine », dénoncent la dérive autoritaire de son pays. Menacée sans relâche, elle refuse l’exil. Le 7 octobre 2006 — jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine —, elle est abattue dans l’ascenseur de son immeuble moscovite ; les exécutants seront condamnés, les commanditaires jamais nommés. Chaque année depuis, le prix Anna-Politkovskaïa honore une défenseure des droits humains en danger : la voix qu’on a voulu éteindre s’est démultipliée.