11 JUIN

Millicent GARRETT FAWCETT (1848-1929)  Écrivaine – Politique – Grande Bretagne

Personnalité incontournable du féminisme britannique, leader du mouvement des suffragistes pendant plus de cinquante ans. Contrairement au mouvement des PANKHURST plus radicales, et de la Women’s Social and Political Union (WSPU), elle prônait une approche constitutionnelle, pacifiste et légaliste pour obtenir le droit de vote des femmes. Pendant 22 ans, elle a présidé la National Union of Women’s Suffrage Societies (NUWSS), la plus grande organisation de ce type en Grande-Bretagne. Intellectuelle brillante, elle a également cofondé le Newnham College à Cambridge, l’un des premiers collèges universitaires pour femmes. Elle s’est illustrée par son courage politique en menant une commission d’enquête en Afrique du Sud pour dénoncer les conditions atroces dans les camps de concentration durant la guerre des Boers. En 1918, elle voit enfin l’aboutissement de son combat avec l’obtention partielle du droit de vote, puis totale en 1928, peu avant sa mort. Elle est la soeur d’Elizabeth GARRETT ANDERSON https://lesfemmescelebres.com/femme/elizabeth-garrett-anderson/. En 2018, elle est devenue la première femme à avoir sa statue sur Parliament Square à Londres. Elle reste le symbole de la persévérance démocratique et de la dignité militante.

 

 

Jocelyn CRANE (1909-1998) Zoologiste – Exploratrice – États-Unis

Carcinologiste, éthologue et exploratrice scientifique  mondialement reconnue pour ses travaux pionniers sur le comportement des crabes violonistes (genre Uca) et la faune des profondeurs marines. Diplômée de l’université Vassar en 1930, elle intègre la même année le département de recherche tropicale de la New York Zoological Society sous la direction du célèbre explorateur et biologiste William Beebe. Jeune scientifique prometteuse, elle participe activement aux célèbres expéditions d’exploration sous-marine de la bathysphère au large des Bermudes, étudiant les spécimens abyssaux ramenés des profondeurs de l’Atlantique et du Pacifique. Au cours d’une carrière scientifique qui s’étend sur plus de quatre décennies, Jocelyn Crane mène d’importantes expéditions de terrain en Asie, en Amérique centrale, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes. Elle consacre une grande partie de ses recherches à l’étude éthologique des crustacés et des araignées tropicales. Ses travaux sur la communication visuelle, la parade nuptiale et la bioacoustique chez les crabes violonistes font autorité à l’échelle internationale. En 1975, elle publie son chef-d’œuvre scientifique, « Fiddler Crabs of the World », une monographie monumentale fruit de trente ans de recherches sur le terrain et en laboratoire : cet ouvrage de référence classe, décrit et analyse l’anatomie, la phylogénie et le comportement de l’ensemble des espèces de crabes violonistes connues sur la planète. Directrice adjointe du département de recherche tropicale dès 1952, elle en prend la direction en 1962, à la mort de William Beebe. Jocelyn Crane s’impose comme une figure majeure de la zoologie du XXe siècle, brisant les barrières de genre dans un domaine scientifique encore largement masculin et léguant une œuvre fondamentale pour la compréhension du comportement animal.

 

Gloria HOLLISTER ANABLE (1900-1988) Zoologiste – États-Unis

Née à New York, exploratrice et conservationniste, célèbre pour ses recherches pionnières en biologie marine au sein de la New York Zoological Society et ses expéditions dans les profondeurs de l’océan ainsi que dans la jungle sud-américaine. Titulaire d’un master en zoologie de l’université Columbia, elle rejoint en 1928 le département de recherche tropicale dirigé par l’explorateur William Beebe. Scientifique talentueuse et audacieuse, elle joue un rôle clé dans les célèbres expéditions de la bathysphère au large des Bermudes dans les années 1930. Installée à la surface sur le navire d’appui, elle assure les liaisons téléphoniques cruciales avec William Beebe et Otis Barton plongés dans les abysses, consignant minutieusement leurs observations en temps réel. Elle descend elle-même à bord de la bathysphère : un premier record féminin de plongée le jour de ses trente ans, en 1930, puis, en 1934, un record du monde féminin à 1 208 pieds (368 mètres) de profondeur, qu’elle conservera pendant plusieurs décennies. Anatomiste hors pair, elle invente une technique novatrice de préparation et d’éclaircissement des tissus permettant de rendre la chair des poissons transparente pour étudier leur squelette intact sans le disséquer, une avancée majeure pour l’ichtyologie. En 1936, elle mène sa propre expédition de 200 milles (environ 320 kilomètres) à travers la jungle de la Guyane britannique (actuel Guyana) jusqu’au plateau de Kaieteur : elle y documente 43 chutes d’eau encore jamais recensées, photographie les spectaculaires chutes de Kaieteur et rapporte des spécimens rares, dont des grenouilles dorées et des hoazins, pour le zoo du Bronx. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle met de côté ses recherches zoologiques et participe à la fondation du premier centre de don du sang de la Croix-Rouge américaine, à Brooklyn, une initiative qui permet de sauver des milliers de vies sur le front. Mariée en 1941 à l’ingénieur Anthony Anable, elle consacre la fin de sa vie à la préservation de l’environnement, cofondant en 1953 la Mianus River Gorge Preserve, premier projet de conservation de terres soutenu par The Nature Conservancy.

 

Simonne CAILLÈRE (1905-1999) Géologue – Minéralogiste – France

Grande spécialiste mondiale des argiles, elle fait partie des 72 femmes scientifiques dont le nom sera inscrit sur la tour Eiffel. Licenciée ès sciences de l’université de Rennes en 1925, elle obtient en 1929, sur recommandation, une bourse qui lui ouvre les portes du Muséum national d’histoire naturelle de Paris : elle y prépare son doctorat sous la direction d’Alfred Lacroix, le plus grand minéralogiste français de son temps. Thèse soutenue en 1936, elle succède dès l’année suivante à Jean Orcel comme sous-directrice du laboratoire de minéralogie du Muséum — un poste qu’elle occupera pendant des décennies, doublé d’une chaire de professeure. Son domaine, longtemps négligé, devient grâce à elle une science à part entière : la minéralogie des argiles, ces minéraux microscopiques dont dépendent les sols, les céramiques et l’industrie. Ses centaines de publications et ses manuels de référence, dont la « Minéralogie des argiles » cosignée avec Stéphane Hénin, ont formé des générations de chercheurs dans le monde entier.