19 MAI
Ruth Ella MOORE (1903-1994) Bactériologiste – États-unis
Première femme afro-américaine à obtenir un doctorat (PhD) en sciences naturelles, plus précisément en bactériologie, en 1933. Ses recherches pionnières à l’Université d’État de l’Ohio ont porté sur le groupe sanguin et l’immunologie, mais elle est surtout célèbre pour ses travaux sur la tuberculose, alors l’une des principales causes de décès aux États-Unis. Durant plus de trente ans, elle a dirigé le département de bactériologie de l’Université Howard, formant des générations de scientifiques de couleur dans un contexte de ségrégation. Au-delà de ses prouesses scientifiques, elle était une femme aux multiples talents, créant elle-même ses vêtements élégants. Elle a brisé des barrières raciales et de genre au sein d’organisations comme l’American Society for Microbiology. Son héritage demeure un symbole de résilience et d’excellence, ayant ouvert la voie aux minorités dans les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Elle a consacré sa vie à l’enseignement et à la santé publique jusqu’à sa retraite en 1973.
Charlotte Elizabeth GUEST (1812-1895) Femme de lettres – Entrepreneuse – Grande Bretagne
Élevée dans une famille aristocratique, elle montre dès son jeune âge une intelligence brillante et une passion exceptionnelle pour les langues, apprenant seule le latin, le grec, l’arabe, l’hébreu et le persan. En 1833, elle épouse en secondes noces l’industriel gallois John Josiah Guest, propriétaire des aciéries de Dowlais au Pays de Galles (alors la plus grande usine sidérurgique du monde). Loin de se cantonner à la vie mondaine, Charlotte s’implique directement dans la gestion de l’entreprise familiale, traduisant des documents techniques, gérant la comptabilité et promouvant la création d’écoles et de structures sociales pour les familles d’ouvriers. C’est au Pays de Galles qu’elle se passionne pour la langue et la culture galloises. Entre 1838 et 1845, elle accomplit son œuvre intellectuelle majeure : la première traduction intégrale en anglais des « Mabinogion », un recueil médiéval de contes et de légendes mythologiques galloises (incluant les plus anciennes histoires arthuriennes). Sa traduction richement annotée fait sensation dans toute l’Europe, sauvant ce patrimoine littéraire de l’oubli et influençant profondément le renouveau celtique ainsi que des auteurs majeurs comme Tennyson ou plus tard J.R.R. Tolkien. Après la mort de son mari en 1852, elle reprend seule la direction des aciéries de Dowlais durant plusieurs années, devenant l’une des très rares femmes à la tête d’un géant industriel au XIXe siècle. Remariée plus tard à Charles Schreiber, elle parcourt le monde pour constituer l’une des plus impressionnantes collections de porcelaines, d’éventails et de jeux de cartes de l’époque, dont elle fera don au Victoria and Albert Museum et au British Museum. Lady Charlotte Guest a laissé une empreinte indélébile sur la culture britannique.

























