20 MAI
Francine LECA ( 1938-2024) Médecin – Humanitaire – France
Première femme chirurgienne en cardiologie en France, elle s’est spécialisée dans la chirurgie des cardiopathies congénitales, sauvant des milliers d’enfants au cours de sa carrière à l’hôpital Necker puis à Laennec. En 1996, émue par le sort d’enfants vivant dans des pays démunis sans accès aux soins, elle fonde l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Cette structure permet à des enfants du monde entier de venir en France pour être opérés lorsque cela est impossible chez eux. Femme de caractère et d’une détermination sans faille, elle a brisé le plafond de verre dans un milieu chirurgical alors exclusivement masculin. Son combat a permis d’opérer plus de 5 000 enfants en près de 30 ans. Elle a reçu de nombreuses distinctions, dont la Grand-Croix de la Légion d’honneur, pour son engagement humanitaire exceptionnel. Francine Leca s’est éteinte en 2024, laissant derrière elle un héritage immense et une organisation qui continue de battre pour le cœur des enfants. Elle reste un modèle de vocation médicale et de solidarité internationale.
A découvrir : https://mecenat-cardiaque.org/
Bianca TCHOUBAR (1910-1990) Chimiste -France
D’origine ukrainienne, pionnière mondiale de la chimie organique physique. Fuyant la révolution russe, sa famille s’installe à Paris où elle surmonte le déracinement pour mener de brillantes études supérieures à la Sorbonne. En 1946, elle soutient une thèse d’État magistrale sous la direction du prix Nobel Raymond Delaby, consacrée à l’étude des extensions de cycles. Ses recherches novatrices marquent un tournant : elle est l’une des premières en France à introduire les théories électroniques de la chimie organique computationnelle et structurelle. Elle décrypte avec une précision inédite les mécanismes réactionnels, notamment les réactions de transposition et les effets de solvant sur la cinétique chimique. Chercheuse d’exception au CNRS, elle intègre le prestigieux laboratoire de chimie organique de l’ESPCI aux côtés d’Edgar Lederer, avant de fonder sa propre équipe de pointe. En 1960, elle publie Les mécanismes réactionnels en chimie organique, un ouvrage de référence absolu qui révolutionne l’enseignement de la discipline à l’université. Polyglotte et visionnaire, elle traduit et diffuse les théories anglo-saxonnes et soviétiques les plus avancées, devenant un pont scientifique indispensable entre l’Est et l’Ouest. Directrice de recherche de classe exceptionnelle au CNRS, elle forme avec une exigence et une passion admirées des générations de chercheurs du monde entier. Scientifique engagée, elle combat inlassablement les dogmes académiques et œuvre activement pour la reconnaissance des femmes dans la recherche fondamentale.

























