2 FÉVRIER

Gertrude BLANCH (1897-1996) Mathématicienne – États-Unis

Née Gittel Kaimowitz en Pologne, elle émigre jeune aux États-Unis et décroche son doctorat en Mathématiques à l’université de Cornell en 1935. Pionnière de l’informatique, elle est célèbre pour avoir dirigé le projet révolutionnaire « Mathematical Tables Project ». Durant la Grande Dépression, elle prend la direction technique de ce projet d’envergure qui employait des dizaines de calculateurs humains pour concevoir des tables de fonctions mathématiques complexes. Reconnue pour sa rigueur exceptionnelle, elle met au point des algorithmes d’analyse d’erreurs d’une précision redoutable pour l’époque, bien avant l’avènement des ordinateurs électroniques. Après la Seconde Guerre mondiale, elle met ses compétences au service de l’armée de l’air américaine en devenant directrice adjointe de la recherche informatique au laboratoire d’UCLA. Elle contribue activement à la transition technologique vers les premiers superordinateurs en concevant des méthodes numériques adaptées aux machines modernes. Véritable figure de proue du calcul numérique, elle a ouvert la voie à l’informatique moderne en structurant l’art de la programmation et du calcul de masse.

 

 

Mélanie d’HERVILLY-GOHIER (1800-1878) Médecin – France

Pionnière de la médecine douce et l’une des premières femmes à avoir exercé l’homéopathie. Issue d’un milieu artiste et adoptée par le président du Directoire Louis-Jérôme Gohier dont elle prend le nom, elle se distingue dès sa jeunesse par son indépendance d’esprit et ses talents artistiques. Sa vie bascule en 1834 lorsqu’elle rencontre à Paris le médecin allemand Samuel Hahnemann, le créateur de l’homéopathie, venu lui apporter des soins. Malgré leur importante différence d’âge — elle a 34 ans et lui 79 ans —, ils tombent profondément amoureux et se marient en 1835. Mélanie ramène alors le célèbre docteur à Paris, ouvrant un cabinet médical commun qui attire rapidement une clientèle nombreuse et prestigieuse venue de toute l’Europe. Auprès de son époux, elle se forme de manière intensive à la pratique homéopathique, devenant sa plus proche collaboratrice et participant activement aux consultations, aux diagnostics et à la préparation des remèdes. Après la mort de Samuel Hahnemann en 1843, elle poursuit seule l’exercice de la médecine dans leur cabinet parisien, bravant l’hostilité farouche de l’Académie de médecine et du milieu médical traditionnel, qui refuse de reconnaître les diplômes médicaux américains qu’elle a obtenus et lui reproche d’exercer de manière illégale. Elle subit un procès retentissant en 1847, mais malgré les poursuites et les condamnations administratives, elle continue de soigner avec dévouement des milliers de patients, tout en protégeant méticuleusement le précieux legs scientifique de son mari, notamment ses manuscrits inédits et la sixième édition de son ouvrage fondamental, l’*Organon*. Mécène, femme de lettres et praticienne courageuse, Mélanie d’Hervilly-Gohier a participé à la diffusion de l’homéopathie.