30 MAI

Germaine TILLION (1907-2008)  Résistante – Ethnologue – France

Avant la guerre, elle mène des missions scientifiques dans les Aurès (Algérie), étudiant les populations berbères avec une rigueur qui marquera sa pensée. Pendant l’Occupation, elle cofonde le réseau du Musée de l’Homme avant d’être déportée à Ravensbrück. Pour survivre à l’horreur des camps, elle écrit clandestinement une opérette satirique, « Le Verfügbar aux Enfers », utilisant l’humour comme arme de résistance. Après la guerre, elle dénonce les systèmes concentrationnaires soviétiques et s’engage pour la paix durant la guerre d’Algérie, tentant de limiter la violence et la torture. Intellectuelle engagée, elle a consacré sa vie à l’étude des sociétés et à la défense de la dignité humaine. Elle est l’une des rares femmes à être entrée au Panthéon, en 2015, pour son courage et son humanisme universel. Elle incarne la figure du « témoin actif », mêlant recherche scientifique et action morale. Elle meurt en 2008 et un hommage de la nation lui est rendu le 27 mai 2015 jour où elle est Panthéonisée le même jour que Geneviève de Gaulle Anthonioz.

https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/germaine-tillion-et-genevieve-de-gaulle-anthonioz-deux-grandes-figures-

Christine JORGENSEN (1926-1989)  Actrice – États-Unis

Actrice, chanteuse et conférencière américaine, première femme trans mondialement connue, dont le courage a ouvert un débat public inédit sur l’identité de genre. Née dans le Bronx au sein d’une famille d’origine danoise, elle sert dans l’armée américaine après la Seconde Guerre mondiale, tout en éprouvant depuis l’enfance le sentiment profond d’être une femme. En 1950, elle embarque pour le Danemark où l’endocrinologue Christian Hamburger l’accompagne dans un parcours pionnier de traitements hormonaux puis d’opérations chirurgicales à Copenhague — en reconnaissance, elle choisit le prénom Christine. En décembre 1952, la presse américaine révèle son histoire en première page sous le titre resté célèbre « Ex-GI Becomes Blonde Beauty » : du jour au lendemain, elle devient l’une des personnes les plus médiatisées du monde. Plutôt que de subir cette notoriété, elle en fait une tribune : élégante, spirituelle et d’une dignité constante face aux moqueries, elle mène une carrière de comédienne et de chanteuse de cabaret, publie son autobiographie en 1967, portée à l’écran en 1970. Durant les années 1970 et 1980, elle parcourt les universités américaines pour témoigner et défendre le droit de chacun à vivre selon son identité, devenant une référence pour des générations de personnes trans. Celle qui déclarait avec humour avoir donné à la révolution sexuelle « un bon coup de pied au derrière » s’est éteinte en Californie en 1989, pionnière magistrale d’un combat pour la dignité qui se poursuit aujourd’hui.

Photo : Maurice Seymour, Domaine public — Wikimedia Commons