28 AVRIL

Odette HALLOWES (1912-1995)  Résistante – France

Odette Sansom Hallowes, franco-britannique également connue sous les noms d’Odette Churchill ou de son nom de code « Lise », fut une des agents secrèts les plus célèbres et les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale. Née en France à Amiens, elle s’installe en Angleterre après son mariage avec un Britannique. En 1942, elle est recrutée par la section F du Special Operations Executive (SOE), le service secret britannique, et s’infiltre en France occupée comme courrier pour le réseau SPINDLE. Arrêtée par la Gestapo en avril 1943 aux côtés de son chef de réseau Peter Churchill, elle subit de terribles interrogatoires et des tortures répétées à la prison de Fresnes, mais refuse de livrer le moindre renseignement, protégeant ainsi ses camarades. Condamnée à mort, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück, où elle survit miraculeusement en faisant croire qu’elle était liée par le sang à Winston Churchill, ce qui pousse le commandant du camp à la garder en otage. Première femme à recevoir la prestigieuse George Cross britannique de son vivant, elle fut également nommée Chevalier de la Légion d’honneur en France. Son courage exceptionnel face à la barbarie nazie a fait d’elle une héroïne nationale intemporelle des deux côtés de la Manche. Elle est décédée à Walton-on-Thames en Angleterre en 1995.

 

Suzanne VEIL (1886-1956) Chimiste – France

Élève puis collaboratrice de Marie Curie, elle est l’une des 72 femmes scientifiques dont le nom sera inscrit sur la tour Eiffel, face aux 72 savants choisis par Eiffel en 1889. Née Suzanne Zélie Pauline Veil à Paris, formée à la Sorbonne, elle entre en 1912 au laboratoire Curie de la rue Cuvier, puis à l’Institut du Radium, où elle prépare son doctorat de chimie. Pendant la Première Guerre mondiale, elle met la science au service des blessés : d’abord engagée dans la télégraphie militaire auprès du général Ferrié, elle rejoint en 1918 Irène Curie, Marthe Klein et Hélène Monin pour former à l’Institut du Radium les infirmières-radiologistes chargées de localiser, aux rayons X, les éclats d’obus dans le corps des soldats. La paix revenue, elle poursuit sa carrière au laboratoire du chimiste Georges Urbain et devient en 1921 cheffe de laboratoire à la faculté des sciences de Paris — une responsabilité encore rarissime pour une femme. En 1923, c’est elle qui traduit en français l’ouvrage fondateur de Francis Aston sur les isotopes ; ses propres travaux portent sur les oxydes métalliques, la rythmicité des réactions chimiques et les anneaux de Liesegang.